The prince and process

Abril 20, 2009

Un grupo de destacados arquitectos, entre ellos cinco ganadores del premio Pritzker, acusaron el domingo 19 de abril en carta abierta aparecida en el periódico londinense The Sunday Times al primogénito de Isabel II, Carlos de Inglaterra, de “burlar” un proceso democrático en la adjudicación de un edificio de nueva planta utilizando sus “conexiones reales”. Según ese periódico, Carlos ha convencido a la familia real qatarí, propietaria de los terrenos, en el elegante barrio londinense de Chelsea, de la conveniencia de construir edificios tradicionales a base de piedra y ladrillo frente al proyecto de Richard Rogers, que utiliza sobre todo cristal y acero. El solar en cuestión está junto al Hospital Real de Chelsea, diseñado en el siglo XVII por Christopher Wren, el arquitecto barroco de la catedral de San Pablo. Entre los profesionales críticos con la intervención de Carlos de Inglaterra y solidarios con R. Rogers figuran Norman Foster, Renzo Piano, Jacques Herzog y Pierre de Meuron, Zaha Hadid y Frank Gehry, es decir, algunos de los arquitectos más importantes en la actualidad.


The prince and process

THE Prince of Wales’s intervention over the design of the former Chelsea Barracks site deserves more reasoned comment. It is essential in a modern democracy that private comments and behind-the-scenes lobbying by the prince should not be used to skew the course of an open and democratic planning process that is under way. Proposals by Richard Rogers’s practice for the developers Qatari Diar were recently submitted for planning to Westminster city council. The scheme has been adapted and changed in response to comments from Westminster’s planning officers and extensive local consultation. Statutory bodies such as the Commission for Architecture and the Built Environment and the Greater London Authority have also been consulted. Westminster’s planning committee will meet engage in an open and shortly to deliver its verdict. Its members should be left alone to decide whether the Rogers scheme is a fitting 21st-century addition to the fabric of London. The developers have chosen carefully in selecting the best architect for the sensitive project. Rogers and his team have played their part in engaging with the democratic process. The prince and his advisers should do the same. The process should be allowed to take its course; otherwise we risk condemning this critical site to years as an urban blight. If the prince wants to comment on the design of this, or any other, project, we urge him to do so through the established planning consultation process. Rather than use his privileged position to intervene in one of the most significant residential projects likely to be built in London in the next five years, he should engage in an open and transparent debate.

Lord Foster, Foster and Partners, London, Pritzker Prize 1999
Zaha Hadid, Zaha Hadid Architects, London, Pritzker Prize 2004
Jacques Herzog and Pierre de Meuron, Pritzker Prize 2001
Jean Nouvel, Jean Nouvel Architectes, Paris, Pritzker Prize 2008
Renzo Piano, Renzo Piano Building Workshop, Genoa, Pritzker Prize 1998
Frank Gehry, Gehry Partners, Los Angeles, Pritzker Prize 1989
Sir Nicholas Serota, Commissioner, CABE 1999-2006
Richard Burdett, London School of Economics
David Adjaye, Adjaye Associates, London
Deyan Sudjic, Director, Design Museum, London

VER: The Sunday Times


«Le bacille de la lèpre continue à circuler»

Febrero 4, 2009

 

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La lèpre a disparu des pays riches. Elle recule dans de nombreux pays du Sud. Est-on sur le point de l’éradiquer ?

Non. Une seule maladie a été éradiquée à ce jour : la variole, par vaccination. L’objectif «zéro personne infectée dans le monde» ne sera pas atteint, d’ici à très longtemps, pour la lèpre. En 2007, on a encore recensé 254 000 nouveaux cas dans le monde ; 118 pays sont touchés, notamment l’Inde, le Brésil, Madagascar. Sans doute il y a un malentendu suite à une campagne lancée dans les années 90 par l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS avait alors annoncé qu’on allait, d’ici à l’an 2000, «éliminer la lèpre en tant que problème de santé publique». Eliminer voulait dire ramener le nombre de personnes infectées à un seuil inférieur ou égal à 1 pour 10.000 habitants. Eliminer, éradiquer : la proximité des termes a un effet pervers. Elle laisse accroire que l’on peut relâcher la vigilance. Or la lutte contre la lèpre n’a de sens que sur une longue durée, car son incubation est longue. Les symptômes – des taches sur la peau insensibles au toucher – peuvent apparaître dix ans après l’infection par la mycobactérie. Une illustration : au Bénin, où la maladie est «éliminée» depuis 1996, selon les critères de l’OMS, nous observons une baisse du nombre de personnes infectées – signe de l’efficacité des traitements -, mais nous remarquons aussi, hélas, que le nombre de cas détectés chaque année reste stable. C’est la preuve que le bacille continue à circuler. La maladie est sous contrôle, mais il faut rester très vigilant.

Dans de nombreux pays, on ne maîtrise pas la maladie. Quels sont les problèmes auquels ils sont confrontés ?

Le contrôle de la lèpre repose essentiellement sur le dépistage et le traitement des personnes infectées. Si elle est détectée tôt, la lèpre se soigne bien, sans séquelles invalidantes, grâce à une antibiothérapie associant trois molécules génériques. Mais encore faut-il que les cas soient dépistés. Pour cela, il faut un personnel de santé formé à chercher systématiquement, chez tous les patients qui se présentent, les symptômes de la maladie. Qu’il administre aussitôt, le cas échéant, la première dose de médicaments. Qu’il donne le traitement, pour six ou douze mois, et revoie le patient régulièrement : c’est le dépistage dit passif. Ensuite, il faut pouvoir enquêter dans l’entourage du malade pour détecter d’éventuels cas, aller dans les villages. Enfin, il faut mener des campagnes d’information : il y a, dans le monde, deux millions de personnes qui sont guéries de la lèpre mais portent des séquelles. De ce fait, elles sont souvent exclues de leur famille, du monde du travail. Pour pouvoir mener toutes ces actions, il faut un contexte politique stable. On peut s’attendre à une résurgence de la lèpre dans toutes les régions ébranlées par des conflits : en Côte-d’Ivoire, au Congo. Et à Madagascar, si la situation s’envenime. Or la lèpre a cessé de faire peur en Occident et elle est éclipsée par la montée du sida, de la tuberculose et du paludisme, qui drainent, de fait, l’essentiel des aides. Le financement de la lutte contre cette maladie repose donc beaucoup sur des associations, notamment celles regroupées au sein de l’Ilep, comme la Fondation Follereau et l’Ordre de Malte.

Qu’attendez-vous de la recherche ?

Un traitement plus court et un test sérologique permettant un dépistage avant l’apparition des taches sur la peau. Mais il y a très peu de travaux sur la lèpre. Certes, le génome de la mycobactérie a été séquencé, en 2000 à l’Institut Pasteur, par le généticien Stewart Cole, avec le soutien de la Fondation Follereau. Mais les laboratoires publics intéressés sont rares. Quant au privé… La lèpre figure sur la liste des 14 «maladies tropicales négligées», un concept promu par l’OMS afin, notamment, de mobiliser des industriels. On les attend.